jeudi 18 mai 2017

Soyez le bienvenu, Monsieur le Ministre !

Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, c'est avec un énorme espoir que nous vous souhaitons la bienvenue à la tête de ce ministère que vous connaissez déjà bien. Effectivement, vous n'êtes pas un novice en matière d'éducation, vous avez été directeur adjoint du cabinet de M. de Robien, recteur d'Académie, Dgesco lorsque M. Chatel était à votre place. Les arcanes du ministère vous sont donc connus, vous pressentez certainement les difficultés que vous rencontrerez.

Dans votre livre concis mais complet sur "L'école de demain", vous insistez sur le fait que le temps de l'éducation est un temps long, qu'il faut cesser de produire des réformes insuffisantes et des lois incessantes si l'on veut "bâtir dans la durée une société harmonieuse et une République consolidée". Vous avez évidemment raison, Monsieur le Ministre. Il est à nos yeux néanmoins urgent d'intervenir pour l'avenir de notre école, et particulièrement celui de l'école primaire.

"On doit investir beaucoup plus pour ceux qui ont moins pour permettre de rattraper ces écarts", défendait Monsieur le Président de la République pendant la campagne. Vous-même ne disiez pas autre chose : "On peut prédire à la fin de la maternelle les difficultés qu'aura un enfant en fin de CM2', assuriez-vous, en vantant "les parcours personnalités" et votre volonté de "diviser par deux les effectifs des classes, surtout dans les endroits où les enfants ne sont pas tous francophones".

Vous insistiez également sur les premières années de scolarisation, et comme Directeur d'une petite école maternelle ces mots ont tinté agréablement à mes oreilles, car "on connaît la plasticité du cerveau entre 0 et 6 ans : l'apprentissage du langage dès le plus jeune âge permet de s'attaquer très tôt aux inégalités."

Vous voulez donc semble-t-il "mettre le paquet" sur l'école primaire, maternelle et élémentaire. Comme d'autre part  certains de vos propos ont également marqué l'importance de l'autonomie des établissements, nous espérons avoir l'occasion, et ce dès que possible, de travailler avec vous et vos services. Pour le GDiD, la réussite de nos élèves passe par une redéfinition de nos structures de travail. Comme Directrices et Directeurs d'école nous avons trop souvent les mains liés dans nos projets, leurs moyens et leurs orientations. Nous estimons pourtant être les mieux placés pour connaître les besoins des enfants qui nous sont confiés. C'est pourquoi nous pensons que nos écoles doivent se transformer en établissements publics d'enseignement du 1er degré nous permettant, en lien avec les territoires et nos partenaires, de choisir nous-mêmes où nous devons placer les moyens qui nous sont octroyés, comme nous voulons avoir le choix des méthodes. Nous voulons insister également sur le fait qu'il ne faut pas confondre cette autonomie revendiquée avec une quelconque indépendance : l'autonomie a nécessairement ses limites et suppose une complémentarité avec le regard externe comme elle doit favoriser le pilotage institutionnel. Dois-je préciser que les centrales syndicales qui nous accompagnent depuis plusieurs années sont sur la même "longueur d'onde" que nous ?

Bien entendu, il est clair pour nous que cette transformation amènera nécessairement non pas une réelle clarification de notre rôle déjà bien défini dans le "référentiel-métier", mais un changement du statut du Directeur d'école. Ce fut l'origine de la création de notre association, c'est encore le cœur de notre démarche, nous avons toujours en tête la nécessaire reconnaissance institutionnelle de notre métier.

Monsieur le Ministre, le GDiD attend beaucoup de vous. Les Directeurs d'école, surchargés de tâches et de responsabilités sans avoir les moyens de leur action, attendent beaucoup. Encore une fois nous estimons qu'il est urgent d'agir. C'est pourquoi nous vous souhaitons sincèrement la bienvenue à la tête de votre ministère, et nous espérons que vous saurez et pourrez rapidement prendre les mesures nécessaires pour l'avenir de notre école et de nos élèves.

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